Les mini-piscines, un phénomène en pleine expansion : pourquoi ce succès ?

Les petites piscines, généralement de moins de 10 m², connaissent un véritable essor en France. Ces bassins compacts, qui ne nécessitent pas de déclaration de travaux, représentent aujourd’hui entre 15 % et 20 % des ventes nationales. Décryptage de ce phénomène.
« Il y a trois ans, les petites piscines représentaient seulement 7 % de nos ventes, aujourd’hui, elles en constituent 20 % », explique Mathieu Combes, PDG du réseau Piscines Ibiza, basé à Perpignan auprès des journalistes de Midi Libre. Selon lui, ces bassins présentent plusieurs avantages : ils restent petits, ne dépassant pas 10 m², sont simples à installer, sans formalités administratives lourdes, et demandent un entretien moins coûteux.
La Fédération nationale des professionnels de la piscine (FPP), qui recense environ 50 000 installations annuelles en France, confirme cette tendance. « Les petites piscines représentent aujourd’hui entre 15 % et 20 % de nos ventes », précise Stéphane Figueroa, président de la FPP et directeur général de Fluidra France. La taille des piscines enterrées a diminué pour s’adapter à des terrains plus petits et diversifiés.
Une piscine pensée pour le confort, plus que pour la natation
La taille moyenne des piscines enterrées est passée de 42 m² avant 1991 à seulement 29 m² pour celles installées depuis 2019. Mais si elles sont plus compactes, elles sont souvent mieux équipées. Ces bassins modernes bénéficient d’innovations telles que des robots nettoyeurs automatisés ou des systèmes avancés de traitement de l’eau. Le budget moyen pour une piscine enterrée récente avoisine les 17 300 €.
« Aujourd’hui, les clients ne cherchent plus forcément à acheter une piscine pour nager », remarque Alex Dunac, concessionnaire Mondial Piscine à Uzès. « Ce qu’ils veulent, c’est du confort. » Par ailleurs, la hausse du coût de la vie, de l’eau et des traitements incite à opter pour des bassins plus petits et plus économes. « Une petite piscine agrandit simplement l’espace de vie extérieur et rend la maison plus conviviale », ajoute-t-il.
Une évolution liée à la réduction des terrains et au contexte post-Covid
Pour Mathieu Combes, cette montée en puissance des mini-piscines s’explique aussi par la baisse de la taille des terrains dans les lotissements, souvent passés de 600 m² à 300 m². Les professionnels du secteur ont su s’adapter à cette réalité.
La pandémie a également joué un rôle. « Après le Covid-19, un nouveau marché s’est créé », observe Stéphane Figueroa. Aujourd’hui, Alex Dunac réalise environ 40 % de son chiffre d’affaires grâce aux petites piscines, contre 15 % il y a cinq ans, et quasiment rien dix ans plus tôt. Cette évolution illustre une démocratisation de l’investissement dans les bassins privés.
Enfin, la tendance se reflète aussi dans les rénovations : « Sur dix projets, neuf visent à réduire la taille du bassin », conclut le pisciniste du Gard.